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un an plus tard…

Publié le 2 Décembre 2013

Ça fait plus d'un an que nous n'avons rien ajouté sur notre blog. La bataille quotidienne nous a fait un peu oublier la question de la médiatisation; et la guéguerre continue avec l'EN ne mérite souvent même pas cette médiatisation...

Et pourtant, ces derniers temps, nous recevons plus en plus de posts : de soutien, bien sûr. Je me demande si ce n'est pas lié au durcissement de la politique de l'EN face à la demande de plus en plus forte d'inclusion des enfants avec diagnostic d'autisme dans des classes "ordinaires". En tous cas, je pense que la moindre de choses que je dois aux soutien des nombreuses personnes (plus de 11000 des signatures de la pétition!) c'est de partager notre expérience.

Tim va toujours au collège. Il est en 5ème, il a 14 ans (donc, 2 ans de "retard"). Avant la rentrée, on a eu "chaud": à nouveau une forte pression pour le mettre en ULIS ("unité spécialisée", d'où il fut viré il y a 2 ans et où je ne le mettrais plus jamais!) un nouveau signalement (odieux et ridicule dans la forme et contenu) de la part de la Direction académique de Lyon, cette fois laissé sans suite. Le père de Tim n'ayant plus l'autorité parentale pour les questions de scolarisation, la tâche de résister à l'EN est bien moins difficile. Mais ce n'est pas fini.

Un nouveau moyen de pression semble être adopté par notre chère "usine à gaz". Le professeur principal de Tim, qui ne supporte pas l'idée qu'il doit enseigner à un "autiste" a adopté une tactique : sanction par les notes. Alors Tim, qui n'a jamais eu droit à une scolarité normale, est noté sur les mêmes exigences, et sans aucun aménagement (sauf présence de son AVS), que ses pairs ordinaires. Le tout décoré d'un discours très dénigrant. Heureusement, les autres profs ont des positions qui ne sont pas forcément celles de leur collègue.

Dans tous les cas, notre bataille se déplace vers l'exigence du respect de mon choix de mère, et des droits de mon fils à l'éducation "au moins égale à celle de ses pairs ordinaires" comme le dit la Loi; et à l'accessibilité effective à cette éducation (impliquant les aménagements nécessaires).

Un enseignement majeur de notre expérience dont je voudrais que le maximum de personnes profite: les parents ont le droit de choisir pour leur enfant, et le droit d'inclusion dans une classe "ordinaire" n'est pas une option. L'option est tout le reste (ULIS, IME etc.) et nul ne pourrait nous faire accepter ce qui ne nous semble pas être un bon choix. Cette scolarisation dans une classe ordinaire n'a d'ailleurs pas à être cautionnée par notification d'un AVS, ni sa présence réelle. C'est à l'établissement d'assurer les conditions optimales de cette scolarisation. Ce n'est pas aux parents de "se débrouiller" et garder (cacher, en réalité) leur enfant. Plus nous, les parents, nous montrons "dociles", moins on a de chance de faire respecter les droits de nos enfants. Les ententes cordiales existent (j'ai eu moi même une période comme cela, avant d'exiger l'augmentation du temps de scolarisation) mais si elles se font au détriment de l'enfant, c'est forcément un impasse. Il nous reste donc comme choix de continuer de lutter (et de se faire traiter d'"agressifs"), au quotidien, sans laisser passer aucune injustice, avant que pour chacun dans ce pays une chose devienne évidente : une personne handicapée est une personne à part entière, sa place n'est pas dans un ghetto, mais parmi les autres.

Un chantier!

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Duval 21/01/2014 01:45

https://www.facebook.com/events/1429638860587770/?source=1

Karine 11/12/2013 00:33

Bonsoir , je voudrais juste vous dire combien je suis désolée de voir notre système scolaire RÉPUBLICAIN se comporter si mal à l'égard de nos jeunes. La différence fait peur à " l'école de l'uniformité"!! Je suis enseignante et nous avons eu un jeune autiste il y a qqs années en bac pro. Il l'a obtenu. Alors luttez ! Vous avez raison. Face à l'école on se sent bien seul et dans la réalité de l'action, nous le sommes. Mais sur le fond, nous sommes avec vous. Vous êtes dans le vrai, tant que votre enfant se sent bien en classe continuez de lutter! Personne d'autre que vous le connaissez si bien. Je vous souhaite bon courage et partage votre lutte, croyez le bien.

bertiaux 09/12/2013 19:25

Courage a vous votre lutte est la nôtre

maryna 10/12/2013 21:33

Stéphane, la MDPH n'a aucune compétence pour vous interdire quoi que ce soit! Ils sont totalement incompétents au niveau juridique, donc, pas peur!
Pareil pour l'école, en tous cas, si l'EVS est OK, elle peut rencontrer votre psy en dehors de son temps du travail: elle risque rien. Il ne faut pas se gêner de "montrer ses dents" quand ils font n'importe quoi (et n'importe comment).
En tous cas, bravo pour votre définition des réunions des équipes éducatives!
Je n'ai pas bien compris, votre fils est à l'école ou au collège?

uzan stephane 09/12/2013 21:57

merci, elle ne fait que démarrer : la directrice de l’école vient d'interdire à l'EVS qui "" s'occupe d'Elio" d'entrer en contact avec la psy que j'ai embaucher pour suivre et aider à sa scolarisation. Ce même jour, je reçois aussi un courrier de la MDPH qui m'interdit de communiquer à de tierce personne, donc à la psy le compte rendu de la dernière réunion ESS !
moins Elio se sentira bien à l'école plus ça servira leurs projet de le déscolariser !
.

uzan stephane 06/12/2013 21:46

Bonjour, j'ai le même ,problème avec mon fils Elio 11 ans que le collège ne veut plus scolariser apres 4 semaines soutenu par la maman qui voudrait le garder à la maison.
Nous avons eu droit à une EVS que j'aimerai faire former par une psychologue cognitiviste formée à l'autisme que j'ai embauche. La directrice de l’école nous a fait croire qu'elle n'etait la que 7 heures semaines pour Elio et que le reste du temps elle en faisait ce qu'elle voulait. Après renseignement auprès de LADIRECT qui gère les contrats AVS EVS , c'est un mensonge de la directrice. L'EVS est embauchée pour 16 heures pour Elio. Voilà, je me bas aussi contre tout le monde, les réunions pédagogiques ne traitent pas d'un projet scolaire mais de leur peur et de leur envie à tous pour le bien de l'enfant de le sortir du collège. Je vais donc saisir l'inspection académique pour le handicape. La France est la honte de l'Europe et du monde et de l' univers peut être, concernant l'inclusion des autistes en milieu scolaire.
Elio est intelligent et malgré le peut d'heure réussi à avoir le niveau des autres. Rien ne gâchera ces compétences;

Nico 07/12/2013 19:30

Bonjour Monsieur "Uzan Stéphane", j'ai lu votre commentaire à propos de votre fils de 11 ans. Je suis désolé pour votre fils et votre famille de ce qui arrive car j'ai l'impression que les inspecteurs ne veut faire des efforts à intégrer des enfants et adolescents autistes. C'est une chose que je ne comprends pas. Les personnes autistes ont quand-même ledroit de vivre dans notre société comme tous le monde et je ne comprends pas cet exclusion. C'est honteux et après on ose parler encore de droit de l'homme. Chapeaux la république française! Je souhaite de tous mon coeur que votre fils aie la possibilité d'avoir une vie ordinaire dans un milieu ordinaire.

Flora 06/12/2013 21:08

Bravo pour le courage dont vous faites preuve au quotidien. Quelle honte de la part de l'éducation nationale et des enseignants de se comporter de la sorte face à un enfant ! Vous avez raison, l'école ordinaire ne devrait pas être une option mais la seule solution pour les enfants autistes qui peuvent encore y aller.

Bon courage pour la suite !!