Ça fait plus d'un an que nous n'avons rien ajouté sur notre blog. La bataille quotidienne nous a fait un peu oublier la question de la médiatisation; et la guéguerre continue avec l'EN ne mérite souvent même pas cette médiatisation...
Et pourtant, ces derniers temps, nous recevons plus en plus de posts : de soutien, bien sûr. Je me demande si ce n'est pas lié au durcissement de la politique de l'EN face à la demande de plus en plus forte d'inclusion des enfants avec diagnostic d'autisme dans des classes "ordinaires". En tous cas, je pense que la moindre de choses que je dois aux soutien des nombreuses personnes (plus de 11000 des signatures de la pétition!) c'est de partager notre expérience.
Tim va toujours au collège. Il est en 5ème, il a 14 ans (donc, 2 ans de "retard"). Avant la rentrée, on a eu "chaud": à nouveau une forte pression pour le mettre en ULIS ("unité spécialisée", d'où il fut viré il y a 2 ans et où je ne le mettrais plus jamais!) un nouveau signalement (odieux et ridicule dans la forme et contenu) de la part de la Direction académique de Lyon, cette fois laissé sans suite. Le père de Tim n'ayant plus l'autorité parentale pour les questions de scolarisation, la tâche de résister à l'EN est bien moins difficile. Mais ce n'est pas fini.
Un nouveau moyen de pression semble être adopté par notre chère "usine à gaz". Le professeur principal de Tim, qui ne supporte pas l'idée qu'il doit enseigner à un "autiste" a adopté une tactique : sanction par les notes. Alors Tim, qui n'a jamais eu droit à une scolarité normale, est noté sur les mêmes exigences, et sans aucun aménagement (sauf présence de son AVS), que ses pairs ordinaires. Le tout décoré d'un discours très dénigrant. Heureusement, les autres profs ont des positions qui ne sont pas forcément celles de leur collègue.
Dans tous les cas, notre bataille se déplace vers l'exigence du respect de mon choix de mère, et des droits de mon fils à l'éducation "au moins égale à celle de ses pairs ordinaires" comme le dit la Loi; et à l'accessibilité effective à cette éducation (impliquant les aménagements nécessaires).
Un enseignement majeur de notre expérience dont je voudrais que le maximum de personnes profite: les parents ont le droit de choisir pour leur enfant, et le droit d'inclusion dans une classe "ordinaire" n'est pas une option. L'option est tout le reste (ULIS, IME etc.) et nul ne pourrait nous faire accepter ce qui ne nous semble pas être un bon choix. Cette scolarisation dans une classe ordinaire n'a d'ailleurs pas à être cautionnée par notification d'un AVS, ni sa présence réelle. C'est à l'établissement d'assurer les conditions optimales de cette scolarisation. Ce n'est pas aux parents de "se débrouiller" et garder (cacher, en réalité) leur enfant. Plus nous, les parents, nous montrons "dociles", moins on a de chance de faire respecter les droits de nos enfants. Les ententes cordiales existent (j'ai eu moi même une période comme cela, avant d'exiger l'augmentation du temps de scolarisation) mais si elles se font au détriment de l'enfant, c'est forcément un impasse. Il nous reste donc comme choix de continuer de lutter (et de se faire traiter d'"agressifs"), au quotidien, sans laisser passer aucune injustice, avant que pour chacun dans ce pays une chose devienne évidente : une personne handicapée est une personne à part entière, sa place n'est pas dans un ghetto, mais parmi les autres.
Un chantier!