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AUTISTE? DEHORS!

Publié le 2 Octobre 2012

J'ai deux enfants. Mon ainé, garçon de 13 ans est atteint d'autisme. Il a suivi une scolarité en milieu ordinaire jusqu'au la rentrée de 2011/2012 (assez chaotique et entachée d’actes de discrimination récurrents, dont un, porté à la connaissance de la HALDE a été dûment reconnu comme tel). A cette époque, est intervenue une décision de la MDPH du Rhône (qui travaille en lien étroit avec l'Inspection Académique du Rhône) d'orientation en IME et, « en attente de place, scolarisation en ULIS TED », (classe intégrée dans un collège ordinaire).

Je me suis opposée à l'orientation en IME et je plaidais pour le maintien dans une classe ordinaire. Pression a été faite de tous côtés pour que j'accepte la scolarisation en ULIS, (surtout de celui du père de l'enfant, qui est allé jusqu'au faire un signalement sur moi et demander qu’on lui confie la garde de l'enfant : la procédure, épuisante dans tous les sens, n'a rien changé, le père a été débouté de toutes ses demandes) et je l'ai acceptée.

Au bout d'un mois et demi, mon fils a été « suspendu » (je n’invente pas le terme) de l'ULIS, du jour au lendemain, sans aucune procédure, sans aucune alternative proposée ni voie de recours possible. La raison évoquée a été son comportement difficilement gérable et aucune remédiation n'a a été proposée ni avant ni, bien sûr, après l'exclusion. La porte de sortie (l'IME) a été indiquée comme allant de soi, non pas comme une solution optimale (qu'elle n'est surtout pas).

La saisie du Tribunal Administratif en référé n'a rien changé, pas plus que la plainte au commissariat de police pour discrimination (classée sans même me mettre au courant).

Mon fils est resté 6 mois sans AUCUNE scolarisation. J'ai dû arrêter totalement mon activité professionnelle afin de m'occuper de lui (en faisant l'instruction en famille, de manière « illégale » puisque le père de l'enfant n'a pas voulu signer la déclaration obligatoire). J'ai subi, en même temps, l'acharnement du père m'accusant de tous les maux, l'obstination de l'EN, la pression engendrée par l'enquête sociale ordonnée par le Juge des enfants et le stress créé par la situation financière délicate dans laquelle moi et ma famille nous nous sommes retrouvés. Et avec tout ça, j'ai du m'occuper à 100 % de mon fils, gérer sa frustration de ne pouvoir plus aller à l'école, bref, la suite de cette déscolarisation brutale et injuste. En dépit de ces difficultés, j'ai pu lui assurer des apprentissages beaucoup plus conséquents qu'il n'a eu durant toute sa scolarité. Je ne veux pas parler du coût que cet effort représente pour moi (et ma famille) mais je veux noter l'indifférence totale envers mon enfant et l'hostilité ouverte envers moi-même de la part des institutions.

A un moment, je me suis dit que la situation ne pouvait plus durer, et j'ai annoncé à l'Inspection Académique que je comptais emmener mon fils au collège de son secteur comme il se doit, sans délai. Cela a eu comme effet quasi immédiat, après une réunion dans ce collège, une scolarisation à temps (très) partiel envisagée à la rentrée après les vacances des Pâques. Une Auxiliaire de Vie scolaire a été embauchée et mon fils a pu la rencontrer à deux reprises pour la première prise de contact, pour un instant, en tête-à-tête, mais quand même dans l'enceinte du Collège. Il fut heureux d'aller à nouveau au collège après tant de temps de rupture.

MAIS : cette réintégration, concédée par l'Education Nationale qui a fini par prendre en compte le recours suspensif que j’avais engagé devant le TCI (pour contester l'orientation en IME), était suspendue à la décision de ce Tribunal Contentieux d'Incapacité. Or, celle-ci vient de tomber : confirmation de l'orientation en IME sans aucune argumentation crédible, sans aucun égard pour les avis des spécialistes qui vont dans le sens de l'intégration en milieu ordinaire. De plus, le TCI a ordonné l'exécution provisoire de cette décision, c'est-à-dire que, même si je fais appel devant la Cour Nationale de l'Incapacité, cette décision DOIT s'appliquer en attente de tout autre décision.

De plus, je suis accusée d'être responsable de la situation et, de surcroit, « punie » financièrement par le non-octroi du complément de l'Allocation auquel j'ai droit. M'étrangler financièrement leur est apparu comme un moyen de parvenir à leurs fins.

La pression est faite de tous part afin de casser ma résistance et enfermer mon fils en IME (et cela, en pleine connaissance de cause qu'il n'y même pas de place dans aucun des IME listés sur la décision de la MDPH et que, d'autre part, les conditions dans un IME ne répondent absolument pas aux besoins de mon fils).

Le pire est que, dans cet acharnement, il n'y a aucune pensée réelle pour l'enfant. Comment vivrait-il une nouvelle déscolarisation alors que celle-ci vient de commencer lui donnant un espoir après tant de frustration vécue ?

Ce texte a été écrit et publié sur les forums et les blogs en Avril 2012

Voici l’évolution de la situation, datée du 22 Septembre 2012

Timothée est resté 3 mois au collège de son secteur, jusqu’aux vacances d’été. Il y a fait beaucoup de progrès. L’Education Nationale n’a pas osé le jeter dehors « au milieu » du trimestre, malgré la décision du TCI et son effet exécutoire.

A la fin de l’année scolaire, j’étais plus au moins sûre que Timothée continuerait sa scolarité dans ce collège. A la dernière réunion rien n’a été dit pour la suite. On est partis en vacances.

J’ai reçu, fin Aout, une proposition de RDV chez l’Inspectrice adjointe de l’Académie, « pour parler de la scolarité de Timothée ». J’ai été très (agréablement) surprise. En vain. C’est qu’il y a eu malentendu … La « scolarisation », pour les inspecteurs, ça voulait dire, en IME. « Le collège, c’est fini », m’ont-ils dit. Je ne voulais pas parler d’IME, et eux, pas du collège. On s’est quittés sur ça, au bout de 15 min. de dialogue de sourds.

J’ai saisi mon avocat pour écrire une (après une autre, et encore une) lettre à l’inspection, en réclamant la re-scolarisation. Notre argument était le fait qu’une nouvelle décision du TCI, suite à un nouveau recours, était tombée le 18 Juin dernier. Comme la précédente, elle martèle l’orientation en IME. Simplement, cette fois, ils n’ont pas ajouté « l’effet exécutoire ». Oubli ? Moi, je voulais espérer qu’ils m’ont laissé une petite brèche. Brèche ou pas, l’Inspection insistait sur son refus d’accepter Timothée au Collège.

Comme l’année précédente, je me suis rendue, le deuxième jour après la rentrée, au Collège pour annoncer que mon fils serait le lendemain ici. La principale, en me voyant dans la salle d’attente depuis son cabinet, s’est sauvée, par l’autre porte. Je l’ai rattrapée dans le couloir, qui marchait à toute allure. Elle m’a dit, sans se retourner, qu’elle a un « besoin urgent ». « A cause de moi ? » voulais-je demander. Ca devenait vraiment comique.

Madame la Principale a dû, ensuite, entendre ce que j’avais à dire. « Je n’accepterai pas votre fils, je n’ai pas d’autorisation », m’a-t-elle répondu. Je lui parlai alors de caméras et de médiatisation.

L’après-midi même, l’AVS de Timothée, la même que l’année dernière, m’a téléphoné pour dire que l’Inspection lui a ordonné de venir le lendemain au Collège de mon fils, à 8h. « Ils m’ont parlé aussi de la presse et des caméras ». Je l’ai rassurée qu’il n’y en aurait point.

Trois semaines se sont passées. Aucun incident. L’AVS nous dit à chaque fois que Timothée a beaucoup progressé. Nul besoin maintenant de lui courir derrière, il reste et travaille en classe. Il est toujours en 6ème, à part une matinée où il est en 5ème.

Le service chargé d’accompagnement en milieu ouvert (AEMO), qui est d’un grand soutien pour moi (alors que je ne voulais pas accepter cette mesure au début, tant les résultats d’investigation sociale ordonnée par le même Juge étaient injustes, faux et partiaux) a adressé, en Aout, une lettre au Juge des Enfants. La scolarisation au collège y est présentée comme très bénéfique à mon fils et la prise en charge chez moi, à la maison, aussi. Une leçon pour moi : tout n’est pas foutu dans des institutions de ce pays. Il y a AUSSI des gens humbles, intelligents et tout simplement humains.

Pendant ce temps : le père de Timothée, en collaboration parfaite avec l’Inspection, en apprenant la teneur des courriers de mon avocat, s’est rendu au TCI pour indiquer à Madame la Présidente sa « gaffe » (la fameuse clause d’exécution immédiate oubliée). Celle-ci s’empresse de me prévenir que le Tribunal s’est « auto saisi » pour réparer cette « omission matérielle ». Mon avocate n’en croit pas ses yeux : en effet, le cas lui semble être sans précédent et sans aucun fondement juridique. La partialité est flagrante. On écrit une longue lettre avec toutes les références de jurisprudence…

La suite, comme dans les mauvais thrillers, est prévisible : le TCI a fait ce qu’il a voulu faire et mes 300 Euros que j’ai sortis de mes économies pour payer les lettres d’avocat partent en fumée. Ma mère, avec sa misérable retraite en Ukraine, épargnait toute l’année pour que je m’achète mon cadeau d’anniversaire. Ce sera la lettre d’avocat, mon cadeau d’anniversaire…

Combien de milliers d’Euros, combien des milliers d’heures, y compris celles des nuits sans sommeil, pour penser, chercher l’information, écrire, s’angoisser… Autant d’heures et de forces volées à mes enfants, à ma famille, à mon travail, à moi-même. Je suis fatiguée chroniquement, stressée en permanence. Je dois tout prendre sur moi, je suis le seul rempart contre cette vague d’hostilité incompréhensible, bête, brutale, qui risque chaque moment d’engloutir à jamais mon enfant. Dans l’indifférence presque totale de tous. Mon mari (et le père de mon deuxième enfant) est toujours à mes côtés, il m’aide énormément. Mais lui aussi, il commence être épuisé.

Les personnes censées assurer l’égalité des personnes handicapés, les protéger, ces personnes payés pour ça par l’Etat, font tout pour détruire, cacher, évacuer de la société ces personnes. Et leurs familles avec.

Nous avons consulté, mon mari et moi, le dossier, établi par la police suite à ma plainte contre la discrimination en octobre de l’année précédente, environs 200 pages, avec des pièces jointes. La police a auditionné plein de monde de l’Education Nationale, ainsi que le père. Voilà le résumé, par extraits des citations :

« Le délit de discrimination ne semble pas être caractérisé ».

Pourquoi ?

« En effet, il semble que les équipes enseignantes aient fait le maximum pour accompagner le jeune Timothée (…) et ce, malgré les exigence de Mme ZHOLUD » (c’est moi). Donc, il faut comprendre que j’exigeais d’eux de ne faire rien.

« L’enfant a un niveau scolaire assez faible (nié par la maman) mais a progressé au contact des enseignantes de l’école A…. »

Oh, le miracle du contact avec la source vivifiante de l’EN capable de faire progresser même les débiles profonds. Mais pourquoi alors on voulais toujours limiter et maintenant on nous refuse carrément ce contact ???

« Il (l’enfant) semble très souvent affamé, sa mère lui faisant apparemment suivre un régime alimentaire sous prétexte d’allergies, non constatées par les équipes enseignantes ou le papa ».

« Le mot de « maltraitance » a été avancé par plusieurs de nos interlocuteurs qui n’ont pas souhaité que cela figure en procédure ; ce terme a été mentionné non pas dans le sens de maltraitance physique mais plutôt par absence de suivi médical, psychologique… Seul M. DINCHER a précisé ce terme lors de son audition »… Ils oublient même m’avoir fustigé que « j’impose » la présence du psychologue de mon fils pour l’observation à l’école. « Pas de suivi médical et psychologique» c’est pas de PSY qui donne du Risperdal !

« Mme ZHOLUD semble aimer son enfant de façon exclusive sans vouloir profiter des conseils et de l’expérience des personnels de l’éducation nationale ayant entouré son fils depuis sa scolarisation en établissement public (école A…) ». Je précise : mon fils a passé la moitié de sa scolarité en privé avec lequel je n’ai jamais eu d’accroche. C’est que seulement l’école publique est bénéfique mais je n’ai pas su comprendre ça, zut !

Pas seulement la mère crocodile mais un crocodile stupide !

Alors tiens, vas aimer ton fils de manière exclusive ! Six mois sans école, à la maison ! Et ce n’est pas fini ! Tu vas voir ton amour exclusif quand tu vas rester avec un grand ado, et puis avec un adulte en permanence à la maison (puisque tu refuses l’IME et neuroleptiques) , toute seule, sans travail, sans aucune vie sociale, dans la misère et si possible, sans mari puisque qui supportera cette vie, à part la mère exclusive ?! Discrimination ? Il n’y a pas de discrimination pour des enfants de mères pareilles !

Un psy (un bon , oui, ça existe) que j’ai vu, dans le cadre du signalement (concocté, on a compris par qui) m’a dit, en répondant à mon angoisse qu’on peut m’enlever mon enfant : « mais votre fils, madame, tel qu’on le décrit, personne ne va vous le prendre ! »

Il a raison, o combien, seulement, moi, je connais un autre enfant que le cannibale- débile décrit par l’EN et par son père (la honte, LA HONTE !). Je connais un gamin heureux de vivre et fragile, attachant, découragé facilement, fier (le sourire de l’oreille à l’oreille) d’aller ses deux petits heures au collège, confiant et compréhensif si je n’ai rien préparé pour son travail ce jour (puisque passé tout mon temps à batailler avec des personnes qui veulent lui supprimer même ces deux heures de rien du tout), content d’un rien, pourvu que ce soit quelque chose qui ressemble à un travail scolaire. Ma fille, 7 ans, lui fait maintenant les dictées. Il est content. Et quand je ne peux pas retenir mes larmes, quand je craque, il me fait des gros câlins.

Je suis en grève de la faim depuis mardi dernier. Je l'avais suspendue jeudi, › Timothée s'adapte comme il peut à notre monde. Il veut être avec les autres,

http://www.petitions24.net/aider_timothee_adolescent_autiste_exclu_de_son_college

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HANOT Nathalie 07/12/2013 19:37

Infirmière auprès d'enfants autistes je trouve vraiment çà "dégueulasse" de virer car c'est mot un jeune autiste qui arrive à trouver sa place parmi les autres. Notre rôle n'est pas de les parquer (permettez moi l'expression) mais de les maintenir le plus longtemps possible dans une scolarité normale voire adaptée et accompagnée. c'est inadmissible et pourtant çà se produit encore aujourd'hui. j'en connais un exemple par chez moi. Ces jeunes n'ont pas demandé à être exclus, ils veulent juste être avec des copains, pouvoir apprendre comme les copains ... vivre comme les copains. Alors pourquoi une telle différence ? courage

audrey 05/12/2013 16:03

Honteux

PEREZ Robert 05/12/2013 14:19

c'est une honte, effectivement pour ce gamin personne ne manifeste alors que lui n'est pas un fumiste profiteur

Amandine 05/12/2013 14:14

Je vous soutiens à 100%, heureusement qu'il existe des gens comme vous qui se battent et ne baissent pas les bras devant l’imbroglio administratif et judiciaire. Courage à vous!

claudie 05/12/2013 14:09

Ou vivons nous? C'est tout à fait sacandaleux de renier un enfant parce qu'il est pas comme tout le monde? J'appelle renie mais cet enfant est comme les autres dans son monde et ne serait ce pas ces gens qui ont pris cette décision de savoir si eux sont normaux . On est tous egaux mais quelque fois avec des mondes différents. Mesdames Messieurs reflechissez a votre geste, Posez vous des questions et les bonnes, En tous les cas bravo à la maman qui se bat pour son enfant,